Hiver – le givre et la profondeur du rêve

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Dehors, la lune glacée se reflétait sur le givre soyeux, délicatement posé sur les branches des arbres. Les étoiles arriveraient bientôt, scintillant d’une lueur qui transperce. A l’intérieur, l’hiver réveillait les besoins de tendresse, de quiétude mais aussi l’audace des poètes, ceux capables de tirer des soleils de leur coeur. C’était le temps des rêves, des rêves profonds d’une vie bientot féconde.

La nef des fous

One Flew Over the Cuckoo's NestLes mots coulaient de manière saccadée entre les pieds de ce corps plié en deux, endimanché en robe de chambre bleue. Aucun sens, mystère total, tout serait oublié de toutes les façons. Chacun était seul ici, noyé dans sa fragilité humaine, lentement détraqué par le naufrage du corps et les tragédies émotionnelles. Même si l’observation de ce spectacle, aussi drôle qu’angoissant, annonçait l’écriture d’un prix Pulitzer, il fallait sortir d’ici, et vite.

Photo: vol au-dessus d’un nid de coucou.

Vulnérable et invincible

Edouard BOUBAT44 ans. Déjà 44 ans qu’elle occupait ce corps. Elle l’aimait bien, corps encore souple, félin à la silhouette gracile, un peu androgyne mais pas trop. Elle aimait cette enveloppe légère qui lui permettait le mouvement, entrer, sortir, danser, voler, partir, revenir, éternel balancement dont elle se rassasiait.

Photo: Edouard Boubat.

Vie parisienne (de luxe) – 1

76f1b7fb-3d29-4702-9db1-6e97ad29b8ad6:00 heures, le réveil venait de sonner ou c’était le chat ? Audrey ne savait plus trop mais deux pattes étaient en train de malaxer son bras gauche avec application, tout cela accompagné d’un ronron sonore. Bref, un réveil de luxe laissant quelques traces sur la peau. Aujourd’hui retour au bureau, retour à la vie parisienne qu’Audrey appréciait particulièrement. Une vie de célibataire de luxe, c’est à dire avec multiples prétendants et très peu de contraintes. Cocktail nouveau pour Audrey et qu’elle avait décidé de siroter tranquillement. Elle laissait la Vie lui faire découvrir un homme avec qui elle aurait envie de cheminer à deux, le coeur au chaud et les sens en éveil.

…à suivre.

Vie parisienne (de luxe) – 2

#paris cafeAu final le luxe est très relatif. Celui d’Audrey était plutôt simple et tournait autour de la possibilité d’avoir quelque chose de croustillant à se mettre sous la dent. Le croustillant signifiait pour Audrey quelque chose qui augmentait l’intensité de la vie à un moment donné. Pour résumer, quelque chose qui la rendait plus vivante. En ce moment, le luxe d’Audrey était de prendre un café « allongé » au bistrot du coin avant d’aller au bureau et de s’emparer en premier du Parisien (à défaut du Monde) pour vérifier que les journalistes de France Inter n’avaient rien oublié dans les brèves de l’AFP. Aucun oubli, la météo confirmait une journée maussade en ce milieu de mois d’août. Audrey avait bien pris son parapluie.

…à suivre.

Vie parisienne (de luxe) – 3

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Audrey se retourna encore une fois et fit un clin d’oeil amoureux à « l’homme au gant ». Tradition de famille depuis que sa tante s’était essayée à faire une copie du tableau du Titien. Le tableau était toujours dans la maison de famille et avait créé un attachement particulier à ce portrait qu’elle venait régulièrement admirer au Louvre, juste derrière la Joconde. Le Louvre, quelle merveille, un gisement de bombes émotionnelles, se redisait-elle. Audrey se promenait dans les musées comme dans un jardin avec le secret espoir d’être arrêtée par la beauté d’une oeuvre. Luxe extrême selon ses critères. Son dernier coup de foudre s’était déroulé au musée d’Orsay pour une oeuvre d’un Orientaliste dont elle avait oublié le nom.

…à suivre.

Vie parisienne (de luxe) – 4

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Vivre à Paris signifiait pour Audrey pouvoir être touriste permanent. Si jamais l’ennui pointait son nez, elle disposait du luxe de pouvoir aller illico sur les ponts majestueux enjambant la Seine et profiter des vues imprenables sur les grandes pattes arrières de Notre Dame, sur les statues des fenêtres du Louvre, les horloges d’Orsay ou sur les verrières du Grand Palais. En cas de temps pluvieux, elle pouvait fureter dans les églises de la capitale et y semer quelques prières de son cru. Saint-Gervais et Notre Dame des Victoires avaient pour l’instant sa préférence.

…à suivre.

Le souffle chaud (1)

0bb6574d332cdd4626fcb38f3f2fbb18Le soleil caressait la peau d’Audrey. Une onde chaude parcourait son corps. Comme une liberté mêlée à un souffle léger. Tout se résumait à ce corps, à cette sensation pleine. Cette sensation d’être pleinement là, de n’avoir qu’à être là.

…à suivre.

Le souffle chaud (2)

pin_ imogennaomiLes lourds rideaux battaient doucement, poussés par le vent chaud de l’après midi. Audrey sortait de la torpeur si spécifique des siestes d’été. Elle errait encore dans ce rêve dense qu’elle ne voulait pas vraiment quitter.  Elle s’étira comme un chat et regarda son bureau se demandant si les souvenirs de ce songe allaient tenir le temps qu’elle arrive devant son écran. Audrey aimait cette course contre la montre pour capturer ses rêves. Même si elle échouait souvent, cela faisait partie des instants qu’elle aimait.

…à suivre.

Le souffle chaud (3)

M83 - Hurry Up We're DreamingLe corps moite perlé de sueur, Audrey se balançait devant son écran le regard vide. Les bribes de son rêve venaient de lui échapper, définitivement. Pas assez rapide encore une fois. Oui, oui, elle écouterait bientot les conseils des Grands rêveurs avec carnet-crayon posés près du lit. Pour l’instant, c’était raté. Elle mit ses écouteurs et décida de s’absenter du monde quelques minutes encore. “Lower your eyelids to die with the Sun” de M83 était devenue pour Audrey une sorte de drogue à l’effet certain, reproductible à l’infini, aussi puissant qu’à la première prise.

…à suivre.