La victoire

mitochondries-paternel-maternel-360x240Le corps brulant, les muscles lourds, elle gisait au fond du lit, KO. Le virus avait eu raison d’elle. Son cerveau oscillait entre pensées obsessionnelles fiévreuses et vides abyssaux. Recluse, elle sentait le monde extérieur s’éloignait de manière sourde. Elle savait que le moment était venu de lâcher les rênes, d’arrêter le flot des pensées, pour laisser son corps se mettre en ordre de marche et remporter la bataille, méthodiquement, patiemment. La guérison était proche, il n’y aurait pas de défaite.

L’audace

Claudia CardinaleLes heures s’étaient raccourcies depuis un certain temps déjà. En rebellion, l’audace envahissait tout, le moindre interstice entre les secondes, pour retenir la vie qui passait sans prévenir. Tout devait être nouveau, tout devait être dense, intense. Pas tenable cette histoire, mais si belle.

Photo: Claudia Cardinal.

Le baiser

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Sur la joue, à la naissance de l’oreille, appuyé et fugace comme un jeu qui annonce la bataille des sens, le baiser était doux et provocateur. Il ouvrait les possibles d’une suite qu’il s’agirait d’imaginer et de vivre au gré des envies mélangées de l’un et de l’autre. La valse mystérieuse de la Vie, rapprochant ou éloignant les coeurs, venait de reprendre.

Peinture: Fabian Perez.

La nef des fous

One Flew Over the Cuckoo's NestLes mots coulaient de manière saccadée entre les pieds de ce corps plié en deux, endimanché en robe de chambre bleue. Aucun sens, mystère total, tout serait oublié de toutes les façons. Chacun était seul ici, noyé dans sa fragilité humaine, lentement détraqué par le naufrage du corps et les tragédies émotionnelles. Même si l’observation de ce spectacle, aussi drôle qu’angoissant, annonçait l’écriture d’un prix Pulitzer, il fallait sortir d’ici, et vite.

Photo: vol au-dessus d’un nid de coucou.

Vulnérable et invincible

Edouard BOUBAT44 ans. Déjà 44 ans qu’elle occupait ce corps. Elle l’aimait bien, corps encore souple, félin à la silhouette gracile, un peu androgyne mais pas trop. Elle aimait cette enveloppe légère qui lui permettait le mouvement, entrer, sortir, danser, voler, partir, revenir, éternel balancement dont elle se rassasiait.

Photo: Edouard Boubat.

L’usine à désirs

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J’aime te dire que je m’ennuie

J’aime en rire et trouver un demi tour

Et autour de nos vies je bâtis des détours

Des désirs de vie qui m’enivrent et m’éloignent du vide

Pour quelques temps, quelques temps précieux, au fond de tes yeux.

Dessin : Hülya Özdemir.

Le vent

833750b0744f790acda5a40ef8e74efaVient le vent qui me soutient

Il me mène sans cesse vers le tien

Ensemble nous virevoltons

Les yeux dans les yeux, nous nous pardonnons.

Peinture: Pablo Picasso.

Loin

 

2b5afb1186c1aa6694cc207a3fa4b21bViens avec moi. Tu verras, mes utopies sont réelles, je te donnerai des ailes.

Illustration: Hülya Özdemir

Empreinte

0d1e2b0a25cfb6a570f0fc24c8d789caDepuis la fenêtre du taxi qui la conduisait à l’aéroport, Audrey observait le va et vient des motos se dirigeant vers les bords du Mékong dans la lumière chaude d’un dimanche soir. Elle avait toujours aimé les dimanches soirs à Phnom Penh. Elle ne savait pas expliquer pourquoi, c’était comme si son coeur était amoureux, gonflé d’attente et d’espoir dans la douce chaleur du soleil descendant. Une empreinte d’un passé lointain.

Echec et mat

7a0bac8c082f12bcaa1770cf3b591774Dans cette histoire, l’Autre était hostile, définitivement. Cela augmentait mon courage à combattre mes propres faiblesses. Erreur fatale. Il aurait mieux valu fuir vers d’autres soleils et renforcer mes forces sur l’échiquier.

Tableau: Olga Suvorova.